Je me réveille, quelque chose ne va pas. Je suis étalée par terre comme un chien, incapable de me redresser dans une position plus digne. Mes yeux clos refusent de s'ouvrir, ma tête me lance, mais quel est donc ce crie qui me brise les tympans ? Une douleur fulgurante me transperce la poitrine, je dois me lever, vite, ouvrir les yeux... mais, depuis quand mes paupières sont-elles si lourdes ? Ma tête si pesante ? Mon corp si inerte ? Mes yeux s'ouvrent enfin et mes pupilles dilatées me font découvrir ce chaos dont je suis responsable. Il n'y a que du rouge. Un liquide poisseux s'écoule sur le sol en une immense flaque dont je suis le centre. Je dois me lever, je contemple une main qui ne peut être que la mienne se poser de manière maladroite dans cette mare de sang. Mon corps se convulse et brûle mais je résiste à l'envie d'hurler à l'aide. De ma capacité a me lever dépend sa venue, je dois le voir, l'approcher, le sentir, le toucher, pour ça il faut que je me lève. J'aperçois une autre main aussi pâle que la précédante aux endroit où elle n'est pas couverte de sang, elle se pose à son tour dans la mare où s'écoule toujours un flux continue. Dans un ultime effort je parviens à me relever et me retrouve en face d'une vision fantomatique. Une jeune fille me regarde. Les pupilles dilatées le teint aussi pâle et blanc que le mur se trouvant derrière elle sur une partie de son visage, l'autre moitié m'insipire le dégout, les nausées montent. De ses cheuveux s'écoule le même liquide poisseux que sur le sol, son visage en est lui aussi recouvert. Je lève une main pour m'appuyer sur le meuble devant moi, elle fait de même. Un vertige me prend de nouveau. Tout est noir désormais. Mais qu'elle est cette douleur qui me fend le crâne ? Mes yeux s'ouvrent et me révélent un nouveau chaos. Toujours une flaque de sang, c'est impossible qu'il m'appartienne il y'en a bien trop ! Je distingue une longue trainée sur le sol. Le liquide commence a noircir, mais depuis combien de temps suis-je étendue là ? Ma tête me lance, je n'en tiens pas compte et me relève au risque de retomber immédiatement. Je suis la trainée de sang séché en titubant. Son abondance m'effrait mais l'amer gout de fer dans ma bouche me convainc qu'il s'agit du mien. J'arrive à la première flaque, je commence à prendre conscience du temps que j'ai passé étendue par terre. Elle est presque sèche. L'odeur qui s'en dégage me donne la nausée mais je lutte à l'envie de repartir, d'oublier ce qui vient d'arriver, je dois le revoir. Mes yeux d'où s'écoulent maintenant des larmes me gênes et me troubles. Je tiens donc tant que ça à le revoir ? Au point d'en pleurer ? Sans ses yeux je suis aveugle, sans ses mots je me perd, sans lui mon âme est nue. La marque que ses crocs ont fait dans mon cou n'est plus, celle de mon coeur grandit à chaque instant. Il m'a prise, m'a envouté, m'a enchainé a son regard si mystérieu que je ne peux oublier. Il hante mes nuits, sublime mes jours, donne un sens à mon existence. Il me permet de réaliser mon rêve. Oui je l'aime, et alors au final qu'est-ce que ça change ? Il est mon maitre, mon guide, mon créateur, mon frère, mon amant... Notre Amour n'est pas très conventionnel mais, il ne l'est pas non plus. Je suis à vous.